Mercredi 28 septembre 2005
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La vie est tranquille, quand mon père n’est pas à la maison ! Je squatte éhontément SON fauteuil, je pille sa collection de BD ( alias « corpus expérimental en culture stéralénienne populaire » quand les gens de la Bibliothèque veulent savoir où passe l’argent qu’ils lui donnent ), je pulvérise tous les records sur ses jeux vidéo – même si Sébastien me bat toujours 142 625 à 106 400. Je m’accorde enfin une pause dans les interminables leçons de Langue Internationale que papa m’inflige dans l’espoir ( illusoire ) que je puisse un jour parler chiffons avec un Diversien, un Sud-Mintral ou un sauvage de Fluorie centrale. Je profite, quoi…
Le Grand Aventurier est parti ce matin aux aurores, veste fétiche et sac de voyage sur le dos, faux papiers et devises internationales plein les poches, et oubliant comme à son habitude d’emporter les clés de la maison. Maman, à la fenêtre, limite princesse moyenâgeuse agitant son mouchoir derrière son prince charmant, tandis que Seb et moi nous acheminions vers des destinations plus prosaïques ( l’école pour lui, le collège et une charmante interro de physique pour moi ). Inutile de préciser que ma grande offensive « papa tu m’emmènes » s’était soldée par un échec piteux. Ma foi, qui ne tente rien n’a rien – et puis, ce n’est pas comme si ça m’intéressait vraiment, ses tribulations… Moi, je proposais seulement ça pour lui rendre service… n’est-ce pas ?
Très curieusement, d’ailleurs, c’est Sébastien qui a l’air déçu alors que lui, que je sache, il n’avait rien demandé. Il a broyé du noir tout le long du trajet, et depuis qu’il est rentré de l’école il me fait une espèce de tête d’enterrement qui m’a bien fait rire au début, mais qui a eu vite fait de me taper sur les nerfs. Heureusement, il est allé s’enfermer dans sa chambre et on ne l’a plus revu. Pour une fois, j’écris tranquille.
ET JE PEUX DONC ME DEFOULER A MA GUISE SUR CET IDIOT BELLATRE DE STEPHANE car moi, Chloé Zinalla, magicienne, fille du voyageur de mondes, viens de me prendre le râteau de ma carrière… Mais il ne perd rien pour attendre ! Je vais tout de suite essayer de travailler ce sort que j’ai découvert par hasard et qui permet de faire pousser les boutons – pour le moment, tout ce que j’ai réussi à faire est flanquer la varicelle à sa photo, mais avec un peu d’entraînement…

Héhéhé.
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