N'est-ce pas matière à légendes, digne de faire la une de l'actualité pour des jours et des jours ? En tout cas, moi, j'en suis sûre : dès que nous serons rentrés en Mazya-Caramina, Doréo Lazila fera sa fortune journalistique en écrivant le récit de la reprise de l’Ile aux Vents des mains des envahisseurs Étendards par une poignée de vaillants mutins, tandis que cette même Ile aux Vents, ballottée au gré des vents d'un univers en tourbillon, s’échouait au hasard des déplacements de l'Océan sur une plage déserte aux confins de l'archipel.
Je crois qu'il le fera, en tout cas ; parce qu'il faut bien qu'il ramène un reportage s'il ne veut pas avoir des explications avec son directeur, et je sais déjà ce qu'il ne racontera pas.
Et que je ne peux pas ne pas raconter, moi.
Que malgré toutes les heures de filatures et de photos et la présence sur les lieux de son plus redoutable représentant, la presse à scandales de Mazya-Caramina et d'ailleurs ne saura jamais que la nuit du naufrage, la nuit du vacarme et de l'effroi, cette nuit-là Allimano Alliya l'a passée dans les bras d'un journaliste pipole, et qu'elle ne le regrette pas une seule seconde.
Pire : elle espère bien qu'il y en aura d'autres.
Mais pour cela, mesdames et messieurs les Stéraléniens, nous comptons sur votre plus complète discrétion.
Par Allimano
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Publié dans : Allimano
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