Marigalla !


L'Antenne stéralénienne de la Bibliothèque, alias notre voisine, est là pour vous... ayant décidé que quitte à se faire exploiter par papa, autant en faire profiter tout le monde, elle a mis en ligne quelque chose qu'elle appelle ( assez pompeusement ) l'Encyclopédie de Limmaraia - cliquez sur le globe pour y accéder :

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Oh ! Et si vous voulez savoir, vous êtes 5 à vous balader en ce moment sur les lieux.

 

Vendredi 28 avril 2006
Je crois qu'on va tous y passer.
 

Je discutais avec mon cousin Séba, lui dans le bureau où Andrilian l'a rangé, moi de l'autre côté de la porte, dans le couloir, à lui expliquer que depuis qu'ils étaient arrivés les gens du capitaine passaient leur temps à fouiller tout l'Amphithéâtre à la recherche de je ne sais pas quoi.

« Ils ouvrent toutes les portes avec leurs passe-partout, ils regardent dans toutes les pièces, ils tapent même dans les murs pour voir si ça sonne creux. C'est vraiment bizarre. Marrant à regarder, mais bizarre. Et j'ai failli me faire prendre je ne sais pas combien de fois rien qu'aujourd'hui. Oh, et sinon, il y a du nouveau sur le journal de ta sœur.

- Lis-le moi ! » a-t-il demandé ( toujours persuadé que d'une façon ou d'une autre elle viendra nous tirer de là ), et je le lui ai lu. Bon, comme il y avait une porte entre nous c'était assez difficile de voir la tête qu'il faisait en m'écoutant mais vu les cris qu'il poussait quand je m'arrêtais pour reprendre mon souffle, ça se devinait. Et quand il m'a expliqué de quoi ça s'agissait ( mon stéralénien n'est pas terrible, vous savez, et j'avais déjà eu assez de mal à prononcer correctement sans en plus chercher à comprendre de quoi ça parlait ), sa voix tremblait.

« Zahéar va connecter le nœud central avec un point pas loin d'ici, il m'a dit ; il veut capturer le vaisseau amiral des Étendards, enfin c'est ce que j'ai cru comprendre, Chloé est incapable d'expliquer un truc clairement – mais une chose est sûre c'est que l'Amphithéâtre a à voir avec tout ça et c'est pour ça qu'Andrilian et les autres sont ici ! A tous les coups c'est pour ça qu'ils cherchent partout ! il s'est exclamé. Ils doivent être après un truc que Zahéar a mis ici pour aider à sa connexion !

- Alors il a dû bien le cacher, j'ai dit ; parce que pour le moment ils n'ont pas l'air d'avoir beaucoup de succès. A part s'ils veulent éliminer les araignées limmaraíennes pour coloniser leur territoire, là c'est réussi.

-...
- Séba ! Tu m'écoutes ?
- Minute Noam ! Je réfléchis.
- Tu réfléchis ?
- ...

- Bon. Ben, préviens-moi quand tu auras fini ; en attendant, je dors. »

C'était plus tôt dit que fait parce qu'évidemment, c'est le moment où je commençais à m'endormir que Séba a choisi pour sortir de sa réflexion. Il a donné un grand coup de poing contre la porte et j'ai fait un bond de cinquante centimètres.

« Noam ! T'es toujours là ?
- Où veux-tu que je sois ?

- Va voir Andrilian ! Je sais où peut être le truc qu'il cherche ! Va lui dire !

- Et comment je fais ? Il ne parle pas un mot de caramène et la dernière fois que je l'ai vu, il m'a fait jeter dehors de l'immeuble...

- Débrouille-toi, mais ramène-le moi ici ! Ah, et puis ramène Karel aussi, il faut quelqu'un qui puisse traduire ! Vite, c'est urgent ! »

Je lui ai bien fait remarqué que c'était plus facile à dire qu'à faire mais sa seule réponse a été de se mettre à marteler la porte comme s'il voulait me chasser avec le raffut ; alors, que vouliez-vous que je fasse ? J'y suis allée. Andrilian n'était pas loin, il surveillait dans la grande salle du Conseil une bande de types occupés à taper sur toutes les lattes du parquet comme si c'était un xylophone géant ; quand je me suis approchée ils ont eu l'air vexés que je piétine leur instrument de musique et ils se sont retournés vers leur capitaine comme si c'était de sa faute. Moi, histoire de ne pas lui laisser le temps de me reflanquer dehors, je m'avance et je commence à lui expliquer tout ce que Séba m'avait raconté, peut-être un peu dans le désordre parce que pour être franche je n'ai rien compris, mais ça n'avait pas grande importance vu que lui non plus ne comprenait rien à ce que je disais. L'essentiel était qu'il voie que j'avais envie de lui parler.

Au bout d'un moment il paraît se décider, il donne un ordre à deux de ses tapeurs de parquet qui se relèvent et m'empoignent chacun par un bras, et il dit à un troisième une courte phrase avec Karel dedans. Dix minutes plus tard, le type revient avec sur ses talons le Prince et la petite princesse qui apparemment ne lâchait plus son frère d'une semelle. Andrilian et Karel échangent quelques mots, et Karel me demande :

« Qu'est-ce que tu veux ?

- C'est Séba, il veut absolument parler au capitaine, réponds-je. Il dit que c'est urgent et qu'il sait où est le truc de Zahéar que vous cherchez. »

Je crois que ça l'a tellement étonné que Séba sache qu'il cherchait quelque chose de Zahéar qu'il ne s'est même pas demandé si ça n'était pas un piège, ce qui m'arrangeait bien. Bientôt tout ce beau monde ( moi comprise ) était tassé dans le bureau de Séba, avec Séba tranquillement assis sur la table à tout raconter.

«  Quand Elzévir t'a ramené de la maison jusque chez Zahéar et que Chloé vous a suivis, il a expliqué directement à Karel, elle s'est retrouvé dans la cale du bateau du capitaine Karilinoï, pas vrai ? Monsieur Andrilian doit s'en souvenir, non ? Même qu'elle est restée prisonnière pendant un moment et qu'une femme qui ne faisait pas partie de l'équipage lui a apporté à manger pendant tout ce temps. Ça veut dire qu'à ce moment-là, Zahéar et Elzévir devaient être installés dans la cale du bateau avec des gens à eux, non ? Et qu'est-ce qu'ils faisaient là, si ce n'est pas installer leur fameux truc ? A mon avis, monsieur Andrilian, vous avez tort de le chercher ici à l'Amphithéâtre ; il doit être dans le bateau du capitaine Karilinoï ! »

Karel a traduit ; Andrilian a fait une drôle de tête et grondé une phrase, et Karel a retraduit :

« Pourquoi dans ce navire-ci ? Et dans ce cas, pourquoi Zahéar se serait-il emparé de l'Amphithéâtre ?

- Où il est, maintenant, ce bateau ? a demandé Séba.

- Coulé, a répondu Andrilian par Karel interposé. Perdu dans la bataille autour de la Cité, au moment où les choses étaient les plus confuses... Heureusement, il n'y avait plus personne à bord ; Karilinoï. avait déjà fait descendre tout le monde. Vous vous souvenez qu'ils ont été les premiers à mettre les pieds sur la terre ferme. Je ne sais pas ce que j'aurais donné pour être avec eux à ce moment-là...

- Est-ce qu'il a pu être coulé par des avions ondomiens ? a demandé Séba.

- Tout est possible, mais rien n'est certain. Et ça me semble bien tiré par les cheveux. Tu nous fais perdre notre temps, gamin. Nous ferions mieux de retourner chercher ici même.

- Vous ne trouverez rien, a fait Séba. Je parie que Zahéar a tout fait exprès pour que son machin se retrouve au fond de la mer ! Il l'a mis dans le bateau du capitaine Karilinoï parce que c'était un de ceux de l'avant-garde et il savait qu'il arriverait à Leal Meriman avant le vaisseau amiral ! Et juste avant ça, lui-même est arrivé avec ses avions et il s'est emparé de l'Amphithéâtre pour avoir une chouette base d'où il pourrait bombarder tous les bateaux qu'il voudrait ! Et quand le capitaine Karilinoï arrive, vroum ! Les avions décollent et le bateau coule ! Et le machin, allez le repêcher maintenant ! 

- Mais, a fait Karel. A quoi est-ce que cela rime ? Pourquoi installer ce... machin à Leal Meriman ?

- Peut-être parce qu'il ne pouvait pas le mettre en pleine mer... Herra dit sur le blog que Leal Meriman est un centre, je ne sais pas de quoi, mais ça doit avoir à voir avec ça, ça doit être une espèce de sous-nœud central, un... et puis d'abord qu'est-ce que tu veux que j'en sache, moi ? » a fait Séba en ouvrant de grands yeux.

Andrilian réfléchissait, je suis sûre qu'on aurait pu voir la fumée qui lui sortait des oreilles s'il avait fait un peu plus clair dans le bureau. Je plissais les yeux pour essayer de la voir quand un marin est entré dans la pièce comme si on n'y avait pas été assez bousculé comme ça et il a dit la cantonade quelque chose qui devait être drôlement urgent, parce qu'il n'a même pas pris le temps de se dépêtrer du type dans lequel il était rentré en arrivant.

« Zahéar ? » a demandé Andrilian d'un air inquiet, et l'autre a haussé les épaules comme s'il n'en savait rien. Finalement, tout le monde s'est précipité dehors et Séba, Milani, Karel et moi nous sommes restés là comme des idiots.

« Venez, a fait Séba, on y va. » Et on y est allé. On a rattrapé de justesse Andrilian et les autres comme ils tournaient le coin et on les a suivis jusqu'à la grande salle du conseil, celle où j'étais allée chercher Andrilian plus tôt. Sauf que la salle avait un peu changé depuis. La grande baie vitrée était éparpillée un peu partout sur le parquet, et il y avait un avion ondomien posé au beau milieu entre les rangées de sièges.

« C'est Zahéar ? j'ai demandé.

- Forcément, a répondu Séba. C'est le seul qui aurait pu arriver ici sans se perdre dans le bazar interdimensionnel dehors. Il a dû passer par le nœud central. Je me demande ce qui va... »

Mais ce n'est pas Zahéar qui est sorti de l'appareil ; au lieu de ça, un illustre inconnu en uniforme de militaire s'est mis à débiter des trucs en ondomien. Karel a blêmi, c'est-à-dire, vu sa couleur de peau, qu'il est devenu gris. Il a essayé de répondre, mais Andrilian l'a interrompu en Langue Internationale ; Karel l'a écouté, puis il est reparti en ondomien mais je ne crois pas que c'était pour dire ce qu'il voulait dire au départ. L'Ondomien a répondu l'air étonné ; et, pendant que Séba et moi on se regardait d'un air perplexe, ils étaient bientôt tous les trois à se lancer des phrases fébriles dans deux ou trois langues, à se couper la parole et à faire des grands gestes. Au bout d'un moment, Andrilian s'est retiré et il a laissé Karel s'expliquer avec l'Ondomien qui avait maintenant l'air de s'étrangler d'indignation. Allez savoir ce qu'ils pouvaient se raconter pour qu'il soit rouge comme ça ( c'est-à-dire, vu sa couleur de peau, violet ). Il m'a semblé en tout cas qu'il ne parlait pas à Karel comme on parle à son prince et qu'il était bien décidé à faire entendre un point de vue.

« Oh non, a fait Séba en prenant une figure désespérée. Pourvu qu'ils ne se mettent pas à parler de politique.

- Hmm ? j'ai fait.
- C'est des Ondomiens !
- Et ?

- Alors Zahéar a le temps de nous anéantir dix fois d'ici à ce qu'ils finissent de s'expliquer ! La politique ondomienne, c'est... » Il n'a pas pu finir de m'expliquer ce qu'était au juste la politique ondomienne, mais je ne crois pas que j'y aurais compris grand-chose de toute façon. J'ai senti un coup de vent à côté de moi, et avant que j'aie eu le temps de réagir, Milani était partie comme une flèche et elle avait atterri entre les deux. Et je ne sais pas ce qu'elle leur expliquait de son tout petit bout de voix, mais ils écoutaient sans piper mot.

Andrilian lui-même avait l'air de ne plus suivre grand-chose depuis un moment, mais on sentait qu'il hésitait à donner des ordres avant que les Ondomiens aient fini. Mais il y en avait un qui avait l'air encore plus désespéré qu'Andrilian, encore plus désespéré que Séba : c'était Karel.

Il s'est mis à crier, il a empoigné sa petite sœur par les épaules, il l'a secouée comme un prunier. L'Ondomien a tiré d'une main un revolver de sa veste et il l'a pointé sur Karel, qui a été obligé de reculer en murmurant des choses d'une voix rauque ; l'autre main, il l'avait en travers de Milani comme pour la protéger contre son frère.

« Je ne comprends rien, j'ai fait. Qu'est-ce que...
- Chut ! » a fait mon cousin.

Andrilian a osé s'avancer près de l'avion et il a adressé la parole à l'Ondomien en Langue Internationale. Apparemment, l'Ondomien la parlait, et ils se sont lancés dans une grande conversation pendant que Karel restait à côté sans rien dire. C'est Milani qui a eu l'air de trancher la discussion. Andrilian et l'Ondomien se sont regardés, ils ont acquiescé. Andrilian est revenu donner des ordres à ses hommes, qui se sont aussitôt tous précipités hors de la pièce. Et lui, l'Ondomien et Milani sont montés dans l'avion qui a aussitôt décollé.

Pendant un moment, personne n'a rien dit. Personne, c'était Séba, Karel et moi, puisqu'il n'y avait plus personne d'autre dans la salle. Au bout d'un moment je me suis quand même jetée sur Karel et je lui ai demandé de m'expliquer de quoi il s'agissait, au juste, s'il te plaît votre Altesse.

A l'air dont il m'a regardée, je me suis demandé s'il n'allait pas me mordre, mais finalement non. Il m'a donné une bourrade qui m'a expédiée à terre et il est parti en courant hors de la pièce. Séba s'est lancé à sa poursuite, j'en aurais bien fait autant mais je n'arrive plus à me lever. Il y avait une marche, juste à l'endroit où Karel m'a fait atterrir, et je crois que je me suis tordu quelque chose en tombant. J'ai mal. Sans compter qu'avec la baie vitrée en mille morceaux par terre, j'ai des morceaux de verre dans les mains, dans les bras, partout.

Séba vient de revenir, il n'a pas réussi à rattraper Karel. Il est vraiment furieux. Il refuse d'admettre qu'il n'a pas compris plus de choses que moi mais je le vois bien. Le plus ennuyeux, c'est qu'on est coincés ici. Enfin, surtout moi.

Je n'y comprends rien, moi ; mais je crois qu'on n'a qu'à plus attendre que Zahéar vienne tout éparpiller.

Par Noamia - Publié dans : Noamia
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Commentaires

Oh là là ! ma pauvre Noamia, ce n'est vraiment pas de chance ce qui t'arrive ! En tout cas, moi non plus je n'ai rien compris...
Commentaire n°1 posté par Roanne le 05/05/2006 à 22h25
Ils pourraient nous expliquer enfin quoi !
Commentaire n°2 posté par zordar le 09/05/2006 à 23h33
Je viens de retrouver où je me suis arrêté, ce commentaire sera mon marque-page pour revenir (au plus vite) et finir ma lecture ! ;o)
Commentaire n°3 posté par Baldwulf le 03/09/2009 à 14h48

Zen voulez plus ?

Chloé ( moi )vous souhaite la bienvenue sur son blog ! Faites comme chez vous, mais vous êtes prévenus : il s'y passe de drôles de choses...


Pour descendre à la liste des chapitres c'est par ici...

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